Emotion : la peur

La peur, doit-on vivre avec ?

La peur, une émotion essentielle ou handicapante ? N'en déplaise à ceux qui préféreraient ne rien ressentir de désagréable, vos émotions vous sont pourtant vitales ! Elles transmettent des informations qui sont nécessaires à votre survie. Dans ce panel d’émotions, la peur a pour rôle de prévenir du danger et invoque le besoin de prendre une décision afin de se protéger.
Mais alors pourquoi nous arrive-t-il de subir cette émotion, comme si elle nous submergeait, voir dégradait notre quotidien ?
Comment la peur se manifeste-elle ?

La peur, comme toutes nos émotions, provient de notre cerveau et plus précisément de notre système limbique. Ce système joue un rôle de frontière entre nos sens (vue, odorat, goût, ouïe et toucher) qui transmet ce qu'il se passe dans notre environnement extérieur, pour ensuite transiter vers l'amygdale. En effet, le stimulus extérieur active ainsi notre amygdale qui communique alors l'information à l'hypothalamus. Celui-ci contrôle nos réflexes vitaux comme les battements du cœur, la respiration, la température du corps, etc. Notre corps se met alors en action pour faire face au danger. En résumé, le cerveau accueille les informations extérieures et décode l'émotion, puis le corps prend le relais afin d'agir comme il le faut.

Cette connaissance sur notre fonctionnement permet de prendre conscience de l'importance du corps et de l'esprit. Il paraît essentiel d'apprendre à travailler sur les deux pour mieux vivre ses émotions. L'un ne peut être dissocier de l'autre.

Le mécanisme expliqué ci-dessus est rassurant, nous sommes capables de réagir en fonction des agents stressants qui peuvent nous entourer.

Prenons un premier exemple, une personne dans la rue tente de vous voler votre téléphone portable. Vous allez réagir grâce à l'alerte donner par la peur : sursaut, muscles qui se tendent pour fuir ou vous battre, crier pour appeler au secours, etc. Autre exemple, vous n’avez pas l’habitude de rouler sur une chaussé verglacée, vous allez ressentir de la peur. Dans ce cas précis, le message est de rester vigilant, vos muscles se mettent alors en tension, vos sens s'affutent et vous roulez avec précaution.

Soyons vigilant, nos pensées peuvent nous jouer des tours !

La peur peut également avoir des impacts négatifs sur notre quotidien lorsque l'émotion s'engage tout azimut par des flots de pensées incontrôlables. Nos pensées jouent alors un rôle de stimuli sans qu'il y ait un évènement instantané et extérieur. Elles deviennent ainsi handicapantes car une peur chronique entraîne une panique systématique. Comme par exemple la peur de l'avion, d'aller au travail, d'accoucher, de se faire hospitaliser, des araignées, etc.

Il s'agit ici d'expériences qui sont, par la rumination, bien plus terribles dans la tête que dans la réalité. Dans ce cas-là, nous réagissons par anticipation et le corps prend des "décharges émotionnelles" sans répit tant que la pensée n'est pas calmée ou que l'événement anxiogène n'est pas dépassé ou évité. Cela peut entraîner du stress chronique ou des phobies. Les effets désagréables vont peu à peu se faire ressentir au niveau du corps qui reçoit trop d'adrénaline et de cortisol : trouble du sommeil, digestion difficile et autres douleurs ou inconfort physique.

Prenons par exemple une personne qui perd le contrôle lorsqu’elle prend la parole en public. Son incapacité à dépasser cette peur va le limiter dans son évolution professionnelle, bien qu'il ait les connaissances et l'expérience requises. Ou encore une personne qui rêve de sable blanc et de cocotiers, il lui sera impossible de vivre cette expérience car la peur de l'avion ne le lui permet pas. Et il existe une multitude de peurs qui nous empêchent de vivre comme nous le souhaiterions. Il est inutile de les juger, elles sont réelles et doivent être prises en compte car elles perturbent notre quotidien.

Que faire face à des peurs paralysantes ?
Il faut savoir agir quand la peur modifie son quotidien et qu’elle paralyse ou pousse à de l'évitement. La peur devient excessive et perd son rôle positif. Elle empêche ainsi le déploiement de son plein potentiel.  Il est nécessaire d'y faire face pour stopper le processus. Plus vous fuirez face à une peur, plus elle sera intrusive et puissante.

Certaines solutions sont bien connues comme apaiser les réactions physiques : des respirations profondes pour baisser le rythme cardiaque qui s'emballe.
Il est possible également de travailler sur des visualisations positives afin de baisser les fantasmes créées par la peur.
Mais encore, extérioriser sa peur, en l'écrivant noir sur blanc. C'est déjà une première étape pour la mettre à distance. Il est aussi nécessaire avant tout de réussir à diminuer ses pensées tourmentées.

En effet, si vous nourrissez votre système limbique de pensées négatives sur une situation anxieuse à venir, vous créez la peur avant même que la situation arrive. Ce qui aura pour effet d'amener beaucoup plus de violence à votre corps et à votre esprit et surtout vous ne vous donnez aucune chance sur la situation à venir. Il est donc important dans ces situations d'inconforts, d'évacuer les pensées parasites qui détruisent votre instant présent.

Exercice de sophrologie, par la visualisation

Evacuation des pensées parasites dans l'instant.

  1. Fermez les yeux, imaginez un coffre-fort ouvert.
  2. Puis laissez venir les pensées anxieuses, toutes les phrases que vous vous répétez sans cesse, mais également les images d'échec ou de danger que vous envisagez. Choisissez alors de les ranger dans le coffre. Ajoutez également les ressentis physiques et jugements que vous pourriez avoir envers vous-même.
  3. Une fois que vous vous êtes allégé de tout cela, que tout est rangé dans le coffre, vous le fermez à double tour. Mettez est y un réel acte de vie dans cette action, symbole de votre mise en action et capacité à vous dresser face à vos peurs.
  4. Vous regardez le coffre et prenez 3 profondes respirations. Puis le coffre disparaît.
  5. Vous vous concentrez sur votre respiration et votre corps. Du sommet de votre tête jusqu'à vos pieds, vous relâchez tous les muscles.
  6. Puis vous laissez apparaître un endroit qui vous réconforte. Cela peut être un environnement connu ou inconnu. Et vous vivez tous les détails : goûts, odeurs, bruits et autres sensations. Vous plongez littéralement dans cet instant de réconfort et de bonheur.
  7. Prenez tout votre temps pour vivre tous les petits détails de ce lieu.
  8. Puis vous pourrez reprendre du tonus musculaire et continuer votre journée.

Si l'exercice vous semble trop compliqué, rappelez-vous que c'est à force d'entraînement que les bénéfices arriveront.

Envie de partager?